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Actus / Revue de presse

Article de l'Humanité du mardi 03 janvier 2017


La relève prend corps à la chaire ESS de l'Université de Marne-la-Vallée


Parcours différents, attentes précises, certains en reconversion, venus de toute la France, ils se rejoignent sur leur choix	: être utiles aux autres et à la société.

Parcours différents, attentes précises, certains en reconversion, venus de toute la France, ils se rejoignent sur leur choix : être utiles aux autres et à la société.

En six années d’existence, la chaire a formé 110 personnes destinées à l’encadrement dans les structures de l’économie sociale. Rencontre avec 6 étudiants, actuellement en master, qui expliquent leur engagement dans ce secteur économique pas comme les autres.

Drôle de rencontre pour cet endroit. Danielle, Hélène, Laurent, Flora, Emma et ­Olivier n’ont rien en commun. Pas le même âge. Ni la même région d’origine. Encore moins le même parcours. Eux sont là par fibre militante, certains un peu par hasard. Ils travaillent quand d’autres peinent à imaginer leur prochaine vie active. Mais tous sont sûrs d’avoir fait le bon choix en ayant franchi les portes de la chaire d’économie sociale et solidaire de Marne-la-Vallée.

Une idée de la solidarité et l’envie de créer

Elle a beau être un peu perdue dans les locaux gris béton du grand campus de Seine-et-Marne, cette unité de l’université Paris Est-Marne-la-Vallée a le don de forger, à partir d’étudiants a priori isolés et bigarrés, un collectif prêt à prendre la relève d’un mouvement résumé par les trois lettres : ESS. À dire vrai, ces futurs cadres ne savent pas forcément tout ce que ­recouvre ce sigle. Mais tous ont en tête une idée forte : c’est dans cet agglomérat de structures économiques iconoclastes que leurs forces de travail seront vraiment utiles.

Ainsi, à 45 ans, Olivier en a eu marre de redresser des boîtes dans les nouvelles technologies, puis de s’échiner dans des start-up. Après son master ESS, il imagine une thèse sur la gouvernance dans le coopérativisme. Emma et Flora, toutes cadettes qu’elles sont, ont la solidarité déjà chevillée au cœur et l’envie de créer ou de rejoindre une organisation qui résonne social. Laurent aimerait transformer son bénévolat militant dans les coopératives de colocation estudiantine en engagement rémunéré dans un projet qu’il voit en grand, en Scop. ­Danielle a vu toutes les entreprises de métallurgie fermer dans son coin de Lorraine. Sauf la sienne qui, malgré les gros contrats et les sous engrangés, lui a fait comprendre qu’elle était désormais trop vieille. À trois ans de la retraite, elle pourrait faire durer ce déplaisir. Elle se préférerait créatrice d’une activité de massage pour distribuer du bien-être à ceux qui en sont privés.

« C’est la transformation par le concret »,

Une activité inscrite dans une coopérative d’activité et d’emploi. Finalement, seule Hélène, professionnelle de l’insertion par l’emploi, parle vraiment ESS première langue. Mais elle revient sur les bancs de la fac pour remettre à l’endroit des pratiques de son secteur qu’elle ressent parfois à l’envers. Car, comme elle, tous pensent que l’ESS n’est pas « un monde de Bisounours » (Laurent). « J’ai été déléguée à la Macif. Les sociétaires, le principe “une personne égale une voix”, c’est souvent qu’un mot » (Danielle). « Certaines entreprise sociales ne font plus que du business » (Hélène). Mais ce secteur est, selon eux, le seul à « porter l’utopie de changement de société » (Flora). « C’est la transformation par le concret », renchérit ­Danielle. « C’est un engagement politique de changement par le bas, explique Laurent. Quand on crée une coopérative de colocation étudiante, on crée un lieu de collectif contre tous ceux qui veulent se faire de l’argent sur le mal-logement. »

L’espace de ce cursus, ces 6 étudiants se forgent un corpus commun de bonnes pratiques à reproduire, de mauvaises à bannir. Déjà, 3 d’entre eux le mettent en pratique à travers une association de collecte des papiers usés à la fac, recyclés par un Esat (établissement d’aide par le travail) en partenariat avec le syndicat local des déchets. Une activité qui déboucherait sur la création d’une société coopérative d’intérêt collectif. « Peut-être que ce qu’on fera après permettra à l’ESS de se faire connaître, se demande Flora. Parce que, autour de moi, personne ne sait vraiment ce que c’est. »

Journaliste rubrique économie-social

Emission spéciale sur l'Economie Sociale et Solidaire sur le chaîne Demain TV

« Le travail n’est pas l’égal du capital », « La croissance ne fait pas le bonheur » « Les pauvres ne sont pas des fainéants ». Ces phrases, tirées du livre « La révolution de l’économie » d’Hervé Defalvard vous interpellent. Alors, visionnez cette émission spéciale que Demain a concocté pour le mois de l’Economie Sociale et Solidaire.

52 minutes pour découvrir la Chaire d’Economie Sociale et Solidaire de l’Université Paris Est avec Hervé Defalvard, responsable de la Chaire Economie Sociale et Solidaire de l'Université Paris Est Marne-la-Vallée et enseignant-chercheur en économie, Nathalie Ourry et Allan Daugé, 2 anciens étudiants du Master Insertion et Entreprenariat Social et Solidaire de l'Université Paris Est Marne-la-Vallée et 2 partenaires de la Chaire, CASDEN et Coopaname.

Dernière mise à jour : 26/01/2017
    

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